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Stade terminal   
Après un barrage de critiques sans précédent, le Premier ministre Shinzo Abe a purement et simplement annulé le projet de stade national qui devait accueillir les Jeux Olympiques de 2020. L’opinion publique, à une écrasante majorité, estimait que le coût de cet « éléphant blanc » en plein cœur d'une des zones « vertes » de Tokyo, était exorbitant : il était passé en deux ans de 130 à 152 milliards de yens, soit le triple du stade olympique de Londres, le quadruple du stade de Pékin, et... 3000 fois le coût du stade olympique construit pour les JO de Tokyo en 1964. Plusieurs facteurs ont contribué à l'envolée des coûts : le choix du design révolutionnaire de la « starchitecte » irako-britannique Zaha Hadid, l'attribution du chantier, sans véritable appel d'offres, à deux contracteurs (Taisei et Takenaka), la baisse du yen qui renchérit le coût des matières premières, enfin la pénurie de main-d'œuvre actuelle dans le secteur de la construction qui augmente le coût du travail. Le ministère de l’Education, en charge du dossier, n’a toujours pas expliqué pourquoi il avait suivi une procédure d’homologation aussi erratique et coûteuse. Tadao Ando, autre « starchitecte » nommé à la tête du comité de sélection du projet, a nié toute responsabilité dans ce fiasco. Quant à Zaha Hadid, après avoir taxé de « nationalistes » les critiques de son stade, elle a opposé une défense très argumentée à ses critiques, assurant que l’envol des coûts ne provenait que des choix du gouvernement japonais.

Hiroshi Matsukuma, assistant professeur à l’Institut de Technologie de Kyoto et historien de l’architecture, était une des principales chevilles ouvrières de l'opposition à la construction du stade. Malgré la décision inattendue de Shinzo Abe, sa colère ne faiblit pas : « Le Premier ministre ne mérite pas nos louanges pour avoir annulé le stade national. Il a laissé parler pendant deux ans les voix qui s’élevaient contre ce projet, a laissé faire la destruction du stade national et laissé gaspiller l’argent public », s’emporte-t-il. Il demeure très sceptique pour la suite des événements : « Comme on ne connaît toujours pas les raisons d’une telle débâcle, je crains qu’elle se reproduise encore. Même l’institut de l’architecture au Japon est demeuré silencieux sur ce sujet. Nous aurons une procédure de sélection du design faite dans la précipitation, qui ne tiendra pas compte des recommandations d’authentiques experts sur le sujet. Ils ne remettront pas en compte la taille gigantesque du projet, ni son impact sur l'environnement ». Une leçon à méditer à l'approche des Jeux Olympiques de 2024 qui, si les Dieux du Stade sont avec la France, devraient échoir à Paris.



Quand la libération viendra
De toutes les fêtes du calendrier, celle du « jour de la libération fiscale » est attendue avec impatience par les contribuables français. Ce concept, inventé par Milton Friedman, définit le jour de l’année à partir duquel les salariés se sont en théorie totalement acquitté de leurs impôts et travaillent donc désormais « pour eux-mêmes ». Très décrié, sujet de divers calculs, il est par exemple tombé en France cette année le 29 juillet, selon l’institut Molinari , mais le 27 juillet selon l’association Contribuables Associés . Le Monde , lui, le situe le 12 juin.
Le concept de « jour de libération fiscale » n’existe pas en revanche au Japon. Il ne fait l’objet d’aucune tentative de calcul. Même une recherche sur Google ne fait apparaître aucun résultat.
Tentons à notre tour de comparer les deux pays à partir du taux d’imposition du salaire moyen en France (48,4%) et au Japon (31,9%) selon l’OCDE : les salariés seraient libérés de leurs obligations fiscales le 24 juin en France, mais le 27 avril au Japon.



La banque japonaise près de chez vous
La banque Norinchukin, sorte de Crédit Agricole japonais, est la deuxième banque la plus solide du monde, derrière la banque chinoise Hang Seng, selon Bloomberg. Cette banque relativement méconnue hors du Japon dispose d’un trésor de guerre de 64 trillions de yens (471 milliards d’euros), épargne des pêcheurs et des paysans japonais qu’elle doit faire fructifier pour compléter leurs maigres revenus. Seules cinq banques européennes figurent parmi les 20 premières du classement établi par l’agence de presse. Le palmarès ne compte aucune banque française.



Debout le Japon !
Le Japon est de moins en moins productif. Une récente étude de McKinsey, The future of Japan , montre que les entreprises japonaises sont totalement distancées par leurs concurrentes américaines dans tous les secteurs en termes de productivité du travail. Les statistiques sont cruelles. D’une manière générale, un travailleur japonais est 29% moins productif qu’un travailleur américain et 32% moins productif qu’un travailleur allemand. Même dans les télécoms, où les entreprises japonaises étaient plus productives que les américaines en 2000, l’Archipel a perdu son leadership. Lanterne rouge, le secteur agricole japonais est 60% moins productif que son homologue américain. De la même manière, le capital semble beaucoup mieux utilisé aux États-Unis qu'au Japon : dans l'équipement électronique, secteur pourtant clé du développement économique de l'Archipel (il représente 7% de l'emploi, 60% de la R&D et deux tiers des exportations nippones), un dollar dépensé en Amérique rapporte 4 fois plus qu'un dollar dépensé au Japon. Conclusion : la place de l'Archipel dans le monde recule. La part de marché mondial des entreprises japonaises dans les biens d'équipement sophistiqués est passée de 13 à 8% depuis 2000.



Les seniors et le travail
Les plus de 65 ans japonais ont retroussé leurs manches. 20% d’entre eux continuent de travailler, selon Mc Kinsey. Cette tranche d’âge représente aujourd’hui 10% de la population active (et 25% de la population). En France, seuls 2,3% des plus de 65 ans travaillent, soit 0,9% de la population active.


Leur petite entreprise
Selon la banque Mondiale, 4,5% de la population active en France déclare être en train de créer une entreprise. Au Japon ce ratio n’est que de 3,7%.


Ça va mal mais ça n'ira pas mieux
Français et Japonais ont le blues.Selon un sondage de l’institut de recherches américain PEW, 85% des Français et 60% des Japonais estiment que les conditions économiques actuelles dans leur pays sont mauvaises. A titre de comparaison, 90% des Chinois et 75% des Allemands interrogés sont satisfaits de la conjoncture. Les rangs des pessimistes grossissent pour les prédictions à long terme : seuls 18% des Japonais, 14% des Français et 34% des Allemands estiment que leurs enfants auront de meilleures conditions de vie qu’eux. Les Chinois, eux (photo), demeurent incurablement optimistes : 88% d’entre eux prédisent un meilleur avenir pour leurs enfants que pour eux-mêmes.


Cinéma : La Corée du Sud compte plus que le Japon
La Corée du Sud est devenue plus importante que le Japon pour le cinéma français : les films de l’Hexagone ont attiré 3,5 millions de spectateurs japonais, contre 3,8 millions de Sud-Coréens en 2014, selon Unifrance. Quatre films se sont taillé la part du lion : Lucy, Grace de Monaco, La Belle et la Bête et Yves Saint-Laurent.La progression est spectaculaire en Corée du Sud, où le nombre de spectateurs a été multiplié par 6 entre 2013 et 2014. L’association des professionnels du cinéma avait organisé pour la première fois un marché du film français à Séoul à l’occasion de son 23e festival du film français au Japon du 26 au 29 juin.


Nous sommes tous plus ou moins Grecs
La France et le Japon ont traversé la crise grecque avec une relative placidité. Le secteur financier japonais est très peu exposé sur la Grèce (236 millions d’euros sur les titres grecs publics et privés). Le secteur financier français l’est certes beaucoup plus (1,3 milliard d’euros), mais la Grèce n’occupe que la 30e position parmi ses expositions à l’international. Le « portefeuille grec » des banques françaises est aujourd’hui aussi maigre que celui de titres de la Nouvelle-Zélande. En particulier, les banques françaises se sont presque totalement débarrassées de leur exposition à la dette souveraine grecque, passée de 11 milliards à 16 millions d’euros depuis 1990. Globalement, la dette grecque possédée par les banques étrangères ne représente plus que 46 milliards de dollars, contre 300 milliards il y a à peine 5 ans.

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