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Japon 4e, France 10e
Le Japon est le quatrième pays le plus innovant de la planète, à en croire l’indice d’innovation publié début janvier par l’agence Bloomberg. La Corée du Sud décroche la première place, suivie par l’Allemagne et la Suède, le Japon et enfin la Suisse. La Corée du Sud se démarque par la valeur ajoutée que produit son industrie manufacturière. La France, elle, est dixième. Le Japon se distingue particulièrement par sa politique de brevets (numéro 1 mondial). La France est de son côté remarquée principalement pour sa politique de soutien aux nouvelles technologies. Ce classement reflète l’effort exceptionnel que la Corée du Sud consacre à la recherche-développement : elle y dépense 4,3% de son PIB selon l’OCDE, contre 3,6% pour le Japon et 2,3% pour la France. Tous ces pays ont en tout cas de quoi être fiers et optimistes, selon Bloomberg : « Une économie qui favorise l’innovation mène à des gains de productivité qui eux-mêmes à long terme se transforment en hausse du niveau de vie » explique l’agence.

Le patient anglais
Le Japon persiste à enseigner l’anglais comme une langue morte. C’est la conclusion que l’on peut tirer à la lecture du dernier rapport EF EPI, plus grande étude mondiale sur les compétences en anglais. L’Archipel est classé au trentième rang des 70 pays étudiés (derrière le Vietnam, la Slovaquie, la Lituanie...). « Le Vietnam et le Kazakhstan ont progressé depuis l’an dernier (...) mais le Japon a vu son niveau stagner. (...) Le Japon a un système éducatif qui fonctionne bien et qui a fait de l’anglais un de ses sujets importants, mais il n’a pas admis que cette langue ne pouvait s’enseigner par des manuels en japonais » est-il écrit dans le rapport. « Bien que tous les étudiants apprennent l’anglais à un moment ou à un autre pendant les études, cette langue n’est enseignée à l’école primaire que depuis 2011. Les méthodes d’apprentissage à tous niveaux se fondent sur des transcriptions du syllabaire japonais. L’importance de l’anglais comme outil de communication n’est pas abordée. Une série de réformes a été mise en place pour relever le niveau d’anglais, pour l’instant sans résultat notable parmi les adultes », écrit, terrible, EF EPI.
Mais la France fait pire ! L’EF EPI la classe 37e sur 70. Et argumente : « La France a le plus bas niveau d’anglais de l’Union Européenne et un niveau inférieur à la moyenne mondiale de l’anglais parlé par les adultes. Le niveau n’a pratiquement pas bougé mais son classement a dégringolé de vingt places tandis que nous annoncions de nouveaux pays candidats. Malheureusement rien ne dit que le niveau s’améliorera dans les prochaines années. Les jeunes diplômés ont le même niveau que leurs aînés ». France, Japon, brothers in illiteracy.

À la conquête du monde
Les exportations de produits alimentaires japonais explosent. Elles ont atteint 745 milliards de yens en 2015, soit une hausse de 22% par rapport à l’année précédente. Les produits de la pêche sont très prisés : coquilles Saint-Jacques, maquereaux, sérioles... L’Asie, particulièrement gourmande, en a absorbé les trois quarts. Les agriculteurs et les pêcheurs japonais profitent de l’engouement mondial pour la cuisine japonaise, servie aujourd’hui par 89.000 restaurants à travers le monde. Le ministère de l’Agriculture, notoirement procédurier, a promis de simplifier les démarches pour obtenir l’autorisation d’exporter, réduisant de six à trois jours le temps nécessaire pour l’obtenir. Ces progrès sont particulièrement importants pour les exportateurs de produits frais. Le ministère de l’Agriculture vise 1 trillion de yens d’exportation à l’horizon 2020.
Ces chiffres demeurent extraordinairement modestes par rapport à la France, dont les exportations représentent dix fois ce montant (60 milliards d’euros). Le Japon accuse toujours un énorme déficit commercial pour ses produits alimentaires, tandis que la France est en excédent commercial.

Tout change sauf le change
Le Japon est hypersensible aux variations du won sud-coréen et du yuan chinois. Selon une étude d’Hiromichi Shirakawa de Credit Suisse, une hausse de 1% du won face au yen se traduit par une baisse générale des exportations japonaises de 0,89% un trimestre plus tard. Préoccupant : « une hausse du won a un impact important à long terme sur les exportations japonaises, ce qui montre que Japonais et Coréens sont engagés dans une concurrence féroce » selon Hiromichi Shirakawa. La baisse du yuan chinois face au yen, elle, a un effet terrible sur les dépenses de tourisme au Japon. « Quand le yuan perd 1% les dépenses touristiques reculent de 3% deux trimestres plus tard », estime Hiromichi Shirakawa.

Burgernomics
Le Big Mac index fête ses trente ans ! Cet indice inventé par le magazine The Economist en 1986 compare le prix du fameux hamburger dans le monde entier (48 pays plus la zone euro) pour déterminer le caractère approprié du niveau de change des monnaies. Ainsi, un Big Mac coûte au Japon aujourd’hui 370 yens, ou 3,12 dollars, soit 36,7% de moins que le même produit aux États-Unis. Le Big Mac japonais se maintenait au même prix que son homologue américain en 2011 et 2012, avant l’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe et d’Haruhiko Kuroda à la tête de la banque Centrale, dont la politique monétaire a considérablement affaibli le yen. Selon le même indice, avec un Big Mac vendu 3,72 euros en France, l’euro est aujourd’hui sous-évalué de 19%. C’est au Vénézuéla que les amateurs de hamburgers trouveront le Big Mac le moins cher : 132 bolivars, ou 66 cents, soit une réduction de 87% sur le modèle américain !

Et si on parlait salaires ?
Les cadres supérieurs et les patrons japonais sont-ils moins bien payés que leurs collègues du reste de l’Asie ? Sans aucun doute, selon le guide des salaires publié par le consultant en ressources humaines Hays. Ce dernier a comparé 3000 entreprises employant 11 millions de personnes de cinq économies développées en Asie. Dans certains secteurs les différences de salaires pour un même emploi d’un pays à l’autre varient du simple au double. Or les entreprises japonaises ne prévoient pas de combler cet écart : interrogés par Hays, les patrons nippons estiment qu’ils accorderont à leurs cadres des hausses de salaire « inférieures à 3% » dans les douze prochains mois, soit moins que ceux des autres pays. Les cadres japonais de leur côté sont très attentifs à la progression de leur carrière, tandis que les cadres chinois et hongkongais mettent l’accent sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Les semi-conducteurs vont en Chine
Le Japon cède un rang à la Chine dans le classement des pays importateurs de semi-conducteurs, relève le consultant Gartner. L’Archipel est passé de la deuxième à la troisième place en 2015 pour la première fois de son histoire. Le leader demeure les États-Unis. Par entreprise, le conglomérat sud-coréen Samsung est le premier acheteur de puces, loin devant le premier groupe japonais de la liste, Sony, à la septième place. L’auteur de l’étude, Masatsune Yamaji, a souligné dans un article du Nikkei que les groupes japonais étaient de moins en moins capables de produire de nouveaux produits finis, ce qui pénalise la totalité de leur chaîne de production en les rendant moins aptes à développer les composants de demain.

Liberté, inégalités...
Le Japon est-il encore une société égalitaire ? Selon l’OCDE 16% des Japonais vivent en-dessous du seuil de pauvreté (avec moins de la moitié du salaire moyen), contre 8% en France.

FJE-146