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"Il faut augmenter la population active"

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« Il faut augmenter le taux de participation de la population active »

En octobre dernier Shinzo Abe confiait à Katsunobu Kato, un de ses plus proches collaborateurs, les rênes d’un « ministère de l’engagement dynamique des citoyens ». Derrière ce nom : le rêve d’une société où les 15-75 ans seraient actifs selon leurs capacités. Cet agenda est mis au point par une vingtaine de jeunes hauts fonctionnaires (en grande partie des femmes). FJE a rencontré l’un d’entre eux, Taro Han.

Pourquoi ce ministère ?
Nous devons organiser le travail des personnes âgées et augmenter le nombre de femmes et de jeunes au travail. Sans quoi notre croissance et notre niveau de protection sociale vont s’écrouler.
Depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale, la protection sociale semble être l’ennemie de la croissance au Japon. Les gouvernements se sont suivis en privilégiant l’un ou l’autre. Shinzo Abe veut en finir avec cette dialectique et les faire progresser de concert. C’est la deuxième phase des Abenomics, après la sortie de la déflation.
Le Premier ministre veut aussi favoriser le passage des travailleurs d’un statut précaire à un statut permanent. Nous voulons mieux garantir le principe « travail égal, salaire égal ». Il est anormal que deux personnes soient rémunérées différemment alors qu’elles font le même travail parce qu’une personne est un salarié et la seconde un intérimaire. Au Japon, les diplômes, l’expérience, le statut sont des critères qui influencent le salaire beaucoup plus que dans les autres pays.

Que faire pour améliorer les conditions de travail des femmes ?
Nous sommes conscients des cas de « harcèlement de grossesse » où une employée est contrainte de quitter son emploi car elle est enceinte. Nous avons prévu de lutter contre ce phénomène.
Mais je pense que l’égalité professionnelle est beaucoup mieux garantie aujourd’hui que dans les années 90. La vraie inégalité réside dans la différence de traitement entre les emplois réguliers et les emplois précaires ; or ces derniers sont davantage occupés par les femmes, ce qui double la discrimination de statut d’une discrimination sexuelle.

Pourquoi viser un taux de natalité de 1,8 enfant par femme ?
Nous avons demandé aux femmes japonaises quel serait le nombre d’enfants idéal hors considérations économiques, et nous sommes arrivés à 1,8. Nous voulons aussi augmenter les allocations familiales pour les familles nombreuses, encourager les jeunes gens à se marier et en finir avec les discriminations dont souffrent les mères seules.

FJE-146