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Tourisme : pas de panique

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Tourisme pas de panique

La baisse du nombre de touristes japonais en France est davantage un réflexe de sécurité qu’une marque de désamour

Le chiffre a fait l’effet d’une douche froide sur les professionnels du tourisme entre la France et le Japon : le nombre de touristes japonais se serait effondré de 46% au premier semestre 2016 en Ile-de-France. Une chute drastique qui suit une autre baisse au 1er trimestre 2015, à la suite des attentats qui avaient visé la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. D’autres choses vues noircissent le tableau du tourisme japonais en France : les rues du Mont Saint-Michel dépeuplées de leur fervente clientèle nippone ; la classe éco des vols Tokyo-Paris dépeuplée pendant la Golden Week...
Il est facile d’identifier les causes d’une telle baisse. L’industrie du tourisme estime qu’il faut environ six à sept mois pour que la clientèle japonaise revienne vers une destination touchée par une catastrophe. Or l’enchaînement rapide des traumatismes a empêché que l’image de la France se redresse depuis 2014. Aux assassinats de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 a suivi la fusillade du Bataclan le 13 novembre, puis les attentats de Bruxelles le 22 mars, avant l'effroyable tuerie de Nice et l'assassinat du père Hamel. Sans parler d’une France engluée dans les conflits sociaux parfois violents.

Optimisme
À ces convulsions s’est ajoutée, plus trivialement, la baisse du yen donc celle de l’incitation à dépenser des euros dans du shopping en France. Enfin la structure du tourisme japonais en France a magnifié ces problèmes. Un professionnel décrypte : « Les conditions d’annulation des voyages sont très généreuses au Japon, à tel point qu’un voyageur souvent ne perd pas d’argent à annuler une réservation, ce qu’il fait, par conséquent, plus facilement qu’ailleurs. D’autre part le tourisme japonais demeure un tourisme en majorité de groupe. Or si quelques personnes d’un groupe annulent leur venue, l’agence doit parfois annuler le même voyage pour tout le groupe, car la rentabilité dudit groupe n’est plus garantie en-deçà d’un certain nombre de clients. L’annulation de quelques-uns a un effet général ».
Ces mauvaises nouvelles sont en partie corrigées par un constat : « les Japonais veulent toujours venir », assure un professionnel du tourisme. La culture, la gastronomie, l’art de vivre à la Française continuent de faire rêver le monde entier dont les Japonais : malgré les attentats le nombre de touristes a encore progressé en 2015. D’autre part, les acteurs japonais du tourisme ont très fortement intérêt à défendre la France, destination premium à forte rentabilité. Enfin cette crise masque l’ouverture d’autres routes touristiques en France : la région des Midi-Pyrénées, l’Alsace, le Pays Basque... Les Japonais nous aiment encore, et se cherchent de nouvelles raisons de nous aimer.

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