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Echouer pour réussir (HEC)

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Peter Todd (HEC) : « Il faut savoir échouer pour réussir ! »Global
La moitié des élèves et les deux tiers des professeurs d’HEC sont étrangers ; avec la nomination du Canadien Peter Todd comme doyen, l’une des plus prestigieuses écoles de commerce françaises poursuit son internationalisation. Après avoir dirigé l’université McGill pendant neuf ans, Peter Todd règne depuis 2015 sur ce temple de l’élitocratie française. « Jamais je n’aurais imaginé que je dirigerais HEC » avoue-t-il.
Peter Todd est peut-être le plus ambitieux des élèves de son école. Issu du monde universitaire nord-américain dont les ressources semblent parfois sans limites, il veut transformer son employeur. « Nous devons être identifiés clairement comme faisant partie des dix meilleures écoles au monde. Entre aller à Yale ou HEC, les étudiants choisissent encore Yale... », reconnaît-il.

Finances
La bataille de l’excellence passe par les finances. « Aujourd’hui l’État n’apporte que 3 des 140 millions du budget annuel de l’école. HEC mène la marche pour ce qui est de la levée de fonds privés », explique Peter Todd. HEC a aussi sa propre philosophie. « La spécificité d’HEC est de proposer des cursus originaux qui prennent en compte le contexte social des affaires autour de trois piliers : l’entreprenariat, la transformation numérique et la responsabilité sociale des entreprises » explique-t-il, tandis que les universités nord-américaines se concentrent seulement sur le business. HEC est aussi une des écoles les plus engagées sur le front de la création de start-ups, notamment grâce à son partenariat avec L’école 42 fondée par Xavier Niel. Aujourd’hui 25% des étudiants d’HEC souhaitent créer leur entreprise à la sortie de l’école tandis que naguère, les diplômés partaient rejoindre les grands groupes français sans se poser de questions. Certes, sur la centaine d’entreprises créées chaque année par les élèves d’HEC, l’immense majorité dépose le bilan. Mais peu importe. « Nous devons parler à nos étudiants du caractère formateur des échecs pour leur apprendre à réussir. Aux États-Unis, personne n’a honte de raconter qu’il a échoué ; c’est sur ce point que les Américains ont un avantage sur les Français ». explique Peter Todd.

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