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Les visiteurs

24 millions ! C’est le nombre de touristes étrangers qui ont visité le Japon en 2016. Une nouvelle croissance impressionnante par rapport à 2015 (+20%), qui avait déjà été un cru exceptionnel par rapport à 2014 (+50%). Pour la première fois de son histoire l’Archipel a franchi le cap des vingt millions de visiteurs. Depuis 2011, année de la catastrophe de Fukushima, le nombre de touristes a été multiplié par 4. Bonnes nouvelles : ces visiteurs, intéressés en premier lieu par le shopping et les grandes métropoles nippones, diversifient leurs centres d’intérêt et irriguent de plus en plus les régions. Leur origine se diversifie également. Le Japon attire de plus en plus de ressortissants d’Asie du Sud-Est (Malaisie, Indonésie, Philippines, Vietnam...). Mauvaise nouvelle : leur panier moyen a réduit, conséquence d’un renforcement du yen et en particulier d’un renforcement par la Chine de ses contrôles douaniers sur les marchandises achetées en duty free. En 2016, 276.385 Français étaient venus au Japon.

La France, elle, ne peut pas en dire autant. 2016 a été, d’après les premiers indicateurs, mauvaise. Selon Atout France, le nombre de visiteurs internationaux devrait finalement avoir baissé de 5 à 7% en 2016. Mais déjà les hôteliers français tirent la sonnette d’alarme : selon le groupe d’études et de conseil MG, 2016 aura été la pire année depuis 2009. L’essentiel de la chute provient de la désaffection de ce que l’industrie appelle la "clientèle lointaine", soit asiatique, en particulier japonaise. "On voit les Japonais revenir au mont Saint Michel", indique un industriel breton implanté au Japon. Un frémissement qui pourrait précéder une authentique reprise. Les chiffres globaux pour la France en tout cas ne seront pas connus avant... juillet. L’Agence du Tourisme japonaise les a publiés, pour sa part, le... 10 janvier.

À mort le Karoshi

Le suicide de Matsuri Takahashi, une jeune employée de Dentsu, le 25 décembre 2015, désespérée par une incroyable charge de travail (105 heures supplémentaires en un mois) a déclenché un débat national sur les rythmes de travail au Japon et le phénomène du karoshi, ou décès par surmenage. La durée légale du travail est de 40 heures par semaine, et de 45 heure supplémentaires par mois. "Réduire les heures supplémentaires aurait un impact positif sur la productivité, l’emploi et le taux de natalité" estime Yasuhiro Taka- hashi, économiste chez Nomura.
Christophe Duchatellier couvre l'Asie- Pacifique pour le géant suisse des ressources humaines ADECCO à partir de Tokyo (le Japon est le deuxième marché de ressources humaines au monde). Il offre sa perspective : "La culture des longues heures de travail est telle dans ce pays qu'un employé a souvent peur de rentrer tôt non seulement pour ne pas être mal vu de ses collègues, mais aussi de ses voisins", observe-t-il. "Les heures supplémentaires sont une partie intégrante du salaire ici, par conséquent les réduire à un impact important sur les rémunérations. Lorsque j'ai pris mes fonctions beaucoup d'employés faisaient cinquante heures supplémentaires par mois. J'ai dû traiter ce problème très tôt." Selon lui le ministère du Travail japonais a beaucoup augmenté les contrôles en 2016 sur les heures supplémentaires. Selon Le Bureau International du Travail (BIT), la Corée du Sud est cham- pionne du monde des heures supplémentaires : 32% des travailleurs sud- coréens travaillent au moins 49 heures par semaine, contre 21% de Japonais et 10% de Français.
Selon les chiffres de l’OCDE, les Japonais ont en moyenne travaillé 1719 heures en 2015, dans la moyenne des pays de l’OCDE (1766 heures), et beaucoup moins que leurs voisins sud-coréens (2113 heures). Les Français, eux, ont travaillé 1482 heures la même année.

Écran pas total

Tokyo n’est pas une ville cinéphile. La "vil le la plus agréable au monde" selon plu- sieurs sondages ne compte que 25 écrans de cinéma par million d’habitants selon le World Cities Culture Forum (WCCF), une association de villes qui ont placé la culture au cœur de leur politique de croissance. Le WCCF a recensé 34 grandes villes. Tokyo est la ville qui a, proportionnellement, le moins de cinémas de l’enquête. La pauvreté du réseau de salles explique probablement que les films étrangers à succès sortent souvent très en retard par rapport aux autres marchés (les professionnels du secteur disent parfois en plaisantant que le Japon "a toujours un Woody Allen de retard"). Elle est cinq fois moins cinéphile qu’Edimbourgh (126 écrans), 4,5 fois moins que Toronto (114 écrans) et 2 fois moins que New York (46). Avec 88 écrans pour 1 million d’habitants, Paris   est décidément une des villes les plus cinéphiles de la terre.

Le Japon bon élève

Le Japon n’est pas mal placé dans ce que le professeur singapourien Christopher Gee a appelé "la course aux armements scolaires", cette bataille pour l’avenir que se livrent tous les pays du monde à travers leur système éducatif. La dernière enquête de l’OCDE "PISA", qui mesure les performances des systèmes éducatifs, montre que les étudiants japonais en sciences, lecture et mathématiques sont parmi les meilleurs au monde. Ils occupent la deuxième place du classement, juste derrière les étudiants singapouriens. L’Asie est surreprésentée dans les hauteurs du classement : huit pays d’Asie occupent les onze premières places. Les cinq premières places en sciences, et trois des cinq premières places en mathématiques sont occupées par des pays d’Asie de l’Est. Les étudiants français, eux, lambinent à la 27e place, se situant dans la moyenne des pays de l’OCDE. Le système éducatif japonais se distingue également par son égalitarisme social : la corrélation entre milieu des élèves et performances scolaires est plutôt ténue au Japon, tandis qu’elle demeure forte en France. En revanche le système éducatif japonais est plus inégalitaire entre les garçons et les filles que le système français.

Pays de dette

Epargnant, les Japonais ? Pas en tant que nation. La dette publique s’élève à 85.700 dollars par personne dans l’Archipel, loin devant les États-Unis (42.504 dollars) et la France (35.800 dollars). Taiwan se distingue parmi les pays développés par sa dette publique très basse : 7224 dollars par personne !

Les comptes publics n’ont pas la santé

Le Japon a longtemps impressionné le monde par la maîtrise de ses dépenses de santé, ce malgré le vieillissement accéléré de sa population et avec une population à l’évidence en grande forme jusque dans le grand âge (l’espérance de vie en bonne santé au Japon est de 75 ans). "Mais les coûts de santé ont dérapé. Sur ce sujet le Japon est devenu, hélas, un pays comme un autre", prévient le directeur de la filiale d’un grand groupe pharmaceutique européen : en dix ans les dépenses de santé sont passés de 8 à 11,2% du PIB nippon. Soit une facture légèrement plus lourde que celle de la France, qui consacre aujourd’hui 11% de son PIB à ses dépenses de santé.

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