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Edito : Japon, libre et change

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Le Japon et l'Union Européenne ont envoyé un signal fort au reste du monde en annonçant la conclusion d'un accord de libre-échange le 6 juillet. Depuis 2013 les parties négociaient âprement, au point que le scepticisme avait fini par s'installer dans les communautés d'affaires des deux zones. Les négociateurs ont su briser la glace. Le secteur agroalimentaire est particulièrement optimiste.

Il est difficile de parler de "concessions" dans ces négociations. Les autorités japonaises n'ont pas été généreuses ; elles ont fait preuve de réalisme et suivi leur intérêt national. Elles ont parfaitement conscience que leur marché intérieur ne suffit plus à leurs entreprises, et qu'y entretenir des particularismes réglementaires les en- ferme dans un provincialisme mortifère. Non seulement les barrières non tarifaires détournent les entreprises étrangères du Japon, mais elles encalminent ses acteurs nationaux.

L'effet de l'accord sur les barrières tarifaires est très impressionnant. "Aujourd'hui 41% seulement des produits (ou "lignes tarifaires") importés au Japon ne sont pas soumis à des droits de douane. Le jour de l'entrée en vigueur de l'accord, ce ratio montera à 86%. Cela permettra aux Européens d'ex- porter des produits chimiques, des métaux, des vêtements, du textile et toutes sortes de produits pour la première fois sans droits de douane", se réjouit un des négociateurs. Avec l'Union Européenne, la part des échanges du Japon exempts de droits de douane atteint 34,4%. Les États-Unis et la Chine se retrouvent désavantagés face à l'Europe.

Nombre de barrières non tarifaires vont aussi être levées. Dans l'automobile, dans l'agroalimentaire, dans les appels d'offres publics... Les entreprises européennes demandent une vigilance particulière à leurs autorités sur le volet non tarifaire. Les changements techno- logiques et les revendications sanitaires seront toujours prétexte à de nouvelles normes à usage protectionniste. Dans l'agroalimentaire, les exigences de traçabilité et de sécurité, jamais assouvies, sont financièrement de plus en plus lourdes, en particulier pour les petits producteurs. La création d'une autorité de règlement des différends, en discussion, fera reculer cette tentation.

Enfin et surtout cet accord oblige les entreprises européennes à "tenter le Japon". Avec ce nouveau pas vers le libre-échange, plus personne n'a d'excuses pour négliger cet immense et passionnant marché.

FJE-151