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Carlos Casanova

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“LA DETTE N’EST PAS LE PREMIER PROBLÈME DU JAPON”

Pour l’économiste en chef de la COFACE Carlos Casanova, présent à leur grand rendez-vous annuel à Tokyo, le Japon souffre plutôt du faible investissement des entreprises.

Comment qualifier 2017 ?
2017 est un bon cru économique selon la COFACE. L’agence de crédit passe chaque trimestre au tamis les pays, les secteurs et leurs entreprises selon quatre critères (indicateurs économiques, environnement des affaires, risques politiques, expériences de paiement).
Quid du Japon ?
La reprise au Japon vient du redresse­ment des exportations. Mais la demande mondiale va ralentir. Autre problème : la politique monétaire s’essouffle. La Banque du Japon achète moins d’obligations que par le passé. Les investissements en infras­tructures, soit en réparations soit ceux liés aux Jeux Olympiques, tirent la demande intérieure.
L’énorme dette publique du pays vous inquiète-t-elle ?
Nous sommes inquiets de la dette par­tout en Asie. Mais au Japon la dette est celle du pays, tandis que les entreprises japonaises sont pleines de cash. Or je suis davantage inquiet pour ces pays dont les entreprises ont des niveaux de dette élevés. Suivez-moi : quand la dette d’une entreprise monte, le coût de son financement monte, la propension à investir diminue, les créances non performantes portées par les banques augmentent, leurs capacités de prêt dimi­nuent à leur tour ce qui renchérit le coût du crédit. Regardez la Chine : elle porte une dette totale qui équivaut à 250% de son PIB, mais dont la quasi-totalité est de la dette d’entreprises. Même problème à Hong Kong, en Malaisie...
Alors quel est le problème principal ?
Au Japon le problème principal vient du faible niveau d’investissement des entre­prises dans leur pays. C’est ce qui bloque le Japon. Les entreprises ne voient pas de demande, ni d’inflation. Cette anémie provient de la panne démographique et de la faible productivité de l’économie. Les salaires n’ont pas bougé cette année, et les ménages s’attendent à une nouvelle hausse de la TVA. La seule manière de relancer l’économie est de sortir de l’assouplisse­ment quantitatif et de réduire la dette. Cette approche prendra des décennies.

À BON ENTENDEUR, SALUT BUFFET CRAMPON !

Le légendaire fabricant d’instruments à vent fête son cinquantenaire au Japon. Sans fausse note
Un musicien est au Japon chez lui comme Dieu en France. La qualité des salles comme l’écoute du public sont pratiquement sans équivalent dans le reste du monde. Ce qui explique l’importance de ce qu’on hésite à qualifier du terme vulgaire de "marché japonais" pour Buffet Crampon, la légendaire marque française d’instruments à vent. "Le Japon a une telle exigence de qualité qu’il nous oblige à fabriquer des instruments de très haut niveau. C’est pour nous un filtre : nous utilisons souvent les réflexions de notre bureau ici. Nos produits sont systématiquement examinés et réglés une dernière fois lorsqu’ils arrivent au Japon", assure Jérôme Perrod (photo, droite). Le président de Buffet Crampon, de passage au Japon à l’occasion du cinquantenaire de la présence de la marque ici, remarque l’importance de l’éducation musicale dans le cursus éducatif nippon. "En France on demande aux élèves s’ils veulent jouer de la musique ; au Japon on leur demande ce qu’ils veulent jouer", remarque-t-il.

"Les Japonais sont parmi les peuples les plus mélomanes qui soient", renchérit Pierre Génisson. 

Acoustique
Ce jeune et brillant représentant de l’école des ventes français donnait à l’automne une série de concerts au Japon. Il se souvient avec émotion d’un concert donné au légendaire Suntory Hall, "à l’acoustique large et généreuse mais précise, qui rend clairement pour tous les spectateurs les moindres détails d’une interprétation". Le 8 novembre, à l’occasion du gala de la CCI France Japon, le musicien a joué en duo avec le grand clarinettiste japonais Tadayuki Takeda, de l’université Kunitachi. Une interprétation complice qui témoignait brillamment de la relation de Buffet Crampon avec le Japon.
Car les Japonais reconnaissent l’excellence de cette marque, haute couture de la lutherie. Chaque instrument sorti des ateliers Buffet Crampon est similaire et pourtant singulier. "Beaucoup de marques font des instruments sublimes. Mais les instruments Buffet Crampon ont une couleur singulière dans laquelle l’oreille avertie reconnaît 150 ans d’artisanat. En cela ils sont inimitables", tranche Pierre Génisson. Cette expertise est d’une valeur inestimable aujourd’hui. Les consommateurs se réveillent du long sommeil médiocre dans lequel les ont plongés les normes de compression musicale type MP3. Ils reviennent à l’acoustique, comme le montre le récent revival des disques vinyles. "Le vrai luxe, c’est le son. Dans une BMW, le moteur et le confort sonore de l’habitacle sont aujourd’hui réglés au décibel près, car c’est souvent la qualité acoustique générale du véhicule qui fera pencher l’automobiliste pour choisir sa voiture", observe le directeur du bureau d’une grande marque de luxe au Japon. "Nous n’avons pas été contactés par de grands groupes de luxe mais cela pourrait arriver", admet Jérôme Perrod. Ce qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.

PENSEZ À BUREX

Le spécialiste des appartements de service Space Design a étoffé son offre avec de la location de bureaux. Parmi elle : BUREX, des espaces de travail intelligents et abordables adaptés à tous types d’entreprise soucieuse de son confort et de ses coûts. Depuis juillet, Space Design propose aussi BUREX FIVE, un environnement de travail fondé sur les cinq sens. Chaque étage dispose de son propre environnement, colorimétrie apaisante, ambiance sonore et olfactive ; le tout assure un sentiment de bien-être et de zénitude pour un travail dans des conditions idéales.

LE KANSAI VOIT ROUGE

Nouvelle édition du Michelin Kyoto-Osaka, nouvelles étoiles au-dessus du Kansai. Le guide rouge a déniché deux nouveaux trois étoiles et 25 nouveaux deux étoiles, plaçant cette région du Japon un peu plus haut au firmament de la gastronomie mondiale. Signe de l’éclatante santé de la restauration populaire du coin : 24 nouvelles tables se retrouvent dans la sélection des Bib gourmands, ces restaurants qui atteignent une qualité exceptionnelle pour une addition ne dépassant pas 5000 yens.

LONGCHAMP, LONG TERME

Longchamp a offert à Tokyo un nouvel immeuble iconique : la Maison Omotesando, une impressionnante bâtisse de sept étages sur 35 mètres de haut fichée en bas des Champs Elysées de Tokyo qui permet à la marque de déployer sa vaste offre à une clientèle conquise : bagages, prêt-à-porter homme et femme, souliers et maroquinerie – notamment le tout nouveau sac Mademoiselle) et la gamme très populaire de sacs Pliage. La boutique laisse ses clientes s’exprimer grâce à un atelier de personnalisation qui leur permet de concevoir leur modèle, varier la taille et les couleurs de leurs initiales. Pour l’occasion Longchamp avait rassemblé pour un soir une assistance aussi iconoclaste que choisie : l’actrice Audrey Tautou, les DJ Inès Mélia et Mademoiselle Yulia, l’influenceur chinois Mr Bags, et d’autres personnalités réunies autour de Sophie Delafontaine et Jean Cassegrain, respectivement directrice artistique et directeur général du groupe.
Ce vaisseau-amiral, la plus grande boutique d’Asie, est une sorte de sédentarisation pour Longchamp. Il y a longtemps que la maison créée en 1948 par Jean Cassegrain avait posé son baluchon (de luxe) dans l’Archipel : ses sacs sont distribués dès les années 70 au Japon, qui deviendra, un temps, le premier marché de la marque (il est aujourd’hui au troisième rang derrière la France et les États-Unis). Aujourd’hui le positionnement de la marque sur le "luxe raisonné", comme le définit Jean Cassegrain, semble parfaitement approprié à des consommatrices qui ne se laissent plus séduire par le luxe tapageur des années de Bulle mais dont les achats démontrent, au contraire, la finesse du jugement

DNP FAIT BONNE IMPRESSION

Dai Nippon Printing ne s’arrête jamais. Le groupe d’impression, en pleine diversification de ses activités, accueille désormais dans ses locaux le Tokyo Animation Center, un espace d’exposition consacré à la culture du manga, de l’anime et de la vidéo. Par cet espace pédagogique (expositions, ateliers de dessin,...), DNP espère devenir un distributeur de contenus au Japon et à l’étranger.

DESTINATION PARIS, VIA HAKONE

Prochaine destination sur la ligne Odakyu : Paris ! L’opérateur de chemins de fer ouvre un bureau dans la capitale française l’an prochain pour promouvoir ses destinations touristiques, au premier rang desquelles la mythique Hakone. Située au pied du Mont Fuji, bénie par la nature (le lac Ashi, les sources d’eaux chaudes...) et enrichie de musées spectaculaires (dont le musée en plein air et le musée Pola), la station thermale préférée des Tokyoïtes attend avec impatience la nouvelle génération de touristes, étrangers cette fois. Les Japonais ont dans leur cœur une place à part pour la France. Le 15 novembre, pour une journée exceptionnelle, ils ont offert à vingt heureux élus français une initiation aux richesses naturelles et culturelles de la ville. Seul prix à payer pour ces pionniers : donner leur avis sur les prestations, afin de permettre à Odakyu d’ajuster les services de la région.

FJE-152