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La France et les entreprises françaises, mobilisées à Sendai pour la revitalisation du Tohoku

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Lundi 7 octobre 2013, se tenait sous l’égide de la Chambre de Commerce et d’industrie Française du Japon (CCIFJ) un symposium à Sendai, dans l’optique de développer les échanges et investissements avec la région du Tohoku, gravement touchée par le séisme de mars 2011 et dont la reconstruction et la revitalisation est un grand défi pour le Japon.

En présence de M. Christian Masset, Ambassadeur de France au Japon, en partenariat avec le JETRO, le METI, Bretagne Commerce International et l'Agence Française pour les Investissements Internationaux (AFII), en partenariat avec la Chambre de Commerce et d'Industrie de Sendai, la ville de Sendai, la préfecture de Miyagi et la Tohoku Economic Federation, ce symposium s’est avéré un grand succès tant par la présence de nombreux participants japonais et français - plus de 150 participants - que par le contenu des échanges.

En présence du Vice-Gouverneur de Miyagi, M. Masahiro Wako, l’Ambassadeur a rappelé que depuis son arrivée au Japon fin 2011, le Tohoku est la région qu’il a le plus visitée. S’adressant aux entreprises et aux officiels présents, il a lancé un appel lors de son discours d’introduction : « La reconstruction du Tohoku est pour votre région  l’occasion d’en faire un grand laboratoire international pour le futur, orienté vers le développement durable. Les entreprises françaises sont prêtes et désireuses de participer à cette revitalisation ».

Le Président de la CCIFJ, M. Bernard Delmas, a rappelé les initiatives et la présence de grandes entreprises françaises dans le Tohoku, comme Areva Japan Co. ou Veolia Water Japan : « Les nombreux exemples de coopérations réussies entre entreprises françaises et japonaises ont démontré les complémentarités entre nos pays. Nul doute que ce symposium contribuera à les intensifier ». M. Hiroaki Takahashi, Président de la Tohoku Economic Federation, a accueilli et souhaité ardemment la multiplication de ces relations et de ces implantations dans la région. « Je les crois d’autant plus fertiles qu’il y a des valeurs communes que j’ai déjà pu observer entre Français et Japonais, des valeurs basées sur un respect mutuel, sur un comportement loyal », s’est-il réjoui.

De nombreux intervenants se sont succédé tant du côté japonais que du côté français. Le JETRO, par l’intermédiaire de son vice-président, Tsuneyuki Kato, a souligné que les coûts  d’implantation à Sendai étaient de l’ordre de 85% de ceux dans la capitale. Par ailleurs il a rappelé l’existence de mesures fortes pour aider la reconstruction comme ces « zones franches » avec d’importantes déductions d’impôts pendant cinq ans pour les entreprises. Le METI et le directeur de son bureau régional M. Kanehiro Morimoto se sont félicités de la compréhension culturelle entre la France et le Japon et des opportunités d’affaire que ces liens pouvaient engendrer, notamment entre designers français et entreprises artisanales ou designers de la région. Le Directeur de l’AFII, M. Christophe Grignon, a de son côté mis l’emphase sur le développement nécessaire des entreprises françaises hors du Kanto. Un mouvement est amorcé mais il reste encore beaucoup à faire lorsque l’on sait que 80% de l’activité des entreprises françaises implantées au Japon se concentre dans le Kanto.

Vincent Chamaret, Directeur General de Bretagne Commerce International et Président du Centre franco-japonais de Management à Rennes était présent pour insister sur tous les liens qui unissent la Bretagne au Japon et plus particulièrement au Tohoku. Du jumelage des villes de Rennes et de Sendai, de la solidarité réciproque entre ostréiculteurs bretons et japonais, du Centre franco-japonais de Management aux échanges entre entreprises des deux régions, nombreuses sont les initiatives qui illustrent un partenariat gagnant et en devenir.

Les présidents de Veolia Water Japan et d’Areva Japan Co., M. Christian Jersale et M. Armand Laferrère, ont, quant à eux, expliqué toute l’implication de leurs sociétés avant et depuis la catastrophe de mars 2011. Veolia Water, par le biais de ses différentes filiales, a développé des plans de secours en cas de crise, reconstruit des stations d’épuration, recruté des équipes locales et internationales pour des installations de secours et des installations industrielles plus pérennes. Mais c’est aussi via sa collaboration aux smart cities du futur proche que Veolia Water affirme sa présence au Tohoku et au Japon. Quant à Areva, ils ont mis à disposition toutes leurs technologies et leur expérience, dans l’incinération et la compaction notamment,  pour améliorer la maniabilité des  éléments contaminés et aider ainsi au travail d’urgence de décontamination. Un véhicule a été développé pour cartographier les lieux contaminés, un drone pour les secteurs inaccessibles et un sous-marin aideront également à effectuer une cartographie complète et ainsi économiser beaucoup de temps et d’énergie dans les travaux de décontamination. Areva proposera aussi sa technologie pour réduire les volumes de stockage et améliorer la maniabilité des  éléments contaminés.

D’autres acteurs japonais comme Toyota Motor East Japan qui a développé un pôle de production de près de 10.000 employés dans le Tohoku et la Ville de Sendai qui encourage par de multiples initiatives les industries créatives ont témoigné du potentiel et du dynamisme de la région. La visite d’un centre de recherche de l’Université de Tohoku – le New Industry Creation Hatchery Center – sponsorisée notamment par Toyota Motor East Japan a permis à la délégation française d’observer différents projets de recherche : simulateurs, voitures pilotées à distance, systèmes optimisés de batteries. Un bel exemple du dynamisme de la région et des connexions étroites entre monde universitaire et entreprises.

Plus qu’une rencontre symbolique, ce symposium de Sendai a marqué les échanges déjà importants entre France et Japon au Tohoku. De grands défis environnementaux, industriels et économiques attendent cette région. La France et ses entreprises ont démontré au cours de cette  initiative de la CCIFJ  qu’elles comptaient jouer un rôle important dans cette aventure.